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Une piscine

6 juin 2010

On entend souvent parler de l’empreinte écologique désastreuse d’une piscine. Une piscine ne serait pas écologique. J’ai une piscine. Une piscine d’une petite dizaine de mètres cubes que j’ai payé moins d’une centaine d’euros (vive la Chine !). A priori, donc, rien de bien écologique ; mais il y a piscine et piscine, et il y a aussi des moyens pour en diminuer l’impact.

Tout d’abord, il y a une question de taille. Parce qu’effectivement, avoir chacun une piscine de 80 m3, dans chaque résidence, pour chaque couple ou pour chaque individu, c’est une dépense en eau considérable, et on sait combien l’eau est précieuse, même si je n’habite pas au milieu du désert.

La notre fait une petite dizaine de mètres cubes, et nous sommes quatre (deux adultes et deux enfants), ce qui nous fait moins de trois mètres cubes par personne. Comme je ne vide pas la piscine en hiver, je n’apporte de l’eau que de temps en temps, pour compenser l’évaporation (et le nettoyage, comme expliqué plus loin). Je n’ai pas calculé, mais je pense que je dois y apporter, sur l’année, l’équivalent de la moitié de sa contenance, soit 5 ou 6 mètres cubes, moins de 2 m3 par personne et par an. L’hiver, elle se remplit toute seule avec les pluies d’hiver et de printemps (elle déborde, même), donc en début de saison, elle est pleine, et il suffit d’en apporter les complément en milieu de saison, quand l’évaporation est à son maximum. La consommation d’eau de ma piscine est donc négligeable, et l’utilisation des toilettes sèches, en lieu et place des toilettes à eau, permet largement de compenser la consommation d’eau requise pour le plaisir de la baignade.

Ensuite, il y a le problème de la pompe, qu’il faut utiliser, avec une consommation électrique, pour en filtrer l’eau, quotidiennement. Aussi, j’ai préféré m’équiper d’une piscine ronde, ce qui me permet de ne pas utiliser la pompe du tout, grâce à l’effet Whirlpool.

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une mise en rotation d’un fluide, qui a pour effet d’en concentrer les particules au centre. Combiné à celui de la gravité, les particules contenues dans ce fluide se retrouvent concentrées en bas et au centre.

Concrètement, il s’agit, une fois la baignade effectuée, de mettre l’eau de la piscine en rotation, en tournant dans l’eau (ou en demandant à vos enfants de le faire, ils s’en feront un plaisir), près du bord, suffisamment longtemps pour que toutes les particules se retrouvent en suspension, et de manière assez régulière, afin d’obtenir un vortex assez homogène. Sortez ensuite de l’eau, et laissez la circulation s’arrêter toute seule (une ou deux heures).

Avant la baignade suivante, vous n’aurez qu’à siphonner le dépôt central, en utilisant un tuyau amorcé, pour le rejeter à l’extérieur de la piscine. En général, un demi seau d’eau (5 litres) suffit à aspirer ce concentré de dépôts. De plus, il est bien entendu possible de le récupérer pour arroser et fertiliser des plantes du jardin. Au début de l’été, lorsque les beaux jours sont arrivés, j’ai dû utiliser un gros tuyau, de diamètre 50, de manière à pouvoir aspirer les nombreuses feuilles et autres aiguilles de pins qui en jonchaient le fond, après s’y être accumulées tout l’automne et l’hiver. Mais ensuite, un simple morceau de tuyau d’arrosage suffit. Enfin, les particules flottantes peuvent être rapidement ramassées en surface avec une simple et large passoire à nouilles.

Par contre, il est bien évident que cette méthode ne peut fonctionner que dans une piscine ronde, auquel cas le vortex ne pourrait pas être créé. (Ce procédé est notamment utilisé en brasserie pour concentrer les fleurs de houblon au fond et au centre de la cuve d’ébullition, de manière à en clarifier le moût sans avoir à le filtrer. Il semblerait également que c’est sur ce principe que fonctionnaient les toutes premières machines à laver, d’où le nom de l’une des grandes marques actuelles de celles-ci)

Enfin, il y a un dernier problème, celui du chlore. Qui est en fait un double problème. Tout d’abord, si vous ne filtrez pas votre piscine avec la pompe, vous n’allez pas pouvoir glisser une pastille de chlore dans la pompe lors de la filtration pour en désinfecter l’eau. Mais pour y remédier, il suffit d’utiliser une bouée diffusante – dans mon cas, un petit sac à patates dans lequel je glisse les pastilles de chlore, et qui flotte grâce à une boule en plastique discrètement subtilisée dans la caisse à jouets de mes enfants – en y rajoutant quelques pastilles tous les deux ou trois jours.

Mais il y a aussi le problème de l’utilisation du chlore lui-même, dont la production n’est pas des plus écologiques, et dont il est nécessaire de se fournir régulièrement. Le coût est encore assez négligeable, et je n’en utilise bien entendu que pendant la saison des baignades, mais je sais qu’il existe des solutions écologiques. J’ai entendu parler du sel, en substitut du chlore, mais son utilisation me déplait, car elle interdirait alors l’utilisation au jardin de l’eau de piscine. L’année dernière, j’avais essayé une fois ou deux de mettre dans l’eau une bonne brassée de menthe poivrée, de manière à parfumer agréablement celle-ci ; il semblerait alors que le chlore n’était plus nécessaire pendant quelques jours. Je compte donc renouveler l’expérience. Mais je crois qu’il me faudra certainement alterner régulièrement avec deux ou trois plantes différentes, de manière à mélanger les effets « bactéricides » de ce genre de plantes. Je réfléchis encore à quelles autres plantes je pourrais utiliser…

Bien entendu, je vous tiendrai informé de mes expérimentations, mais n’hésitez pas, si vous avez déjà tenté l’expérience, ou si vous pensez à une plante en particulier que je pourrais cultiver pour cette utilisation.

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