Archive for the ‘Recyclage’ Category

Toilettes auto-maîtrisées

17 avril 2010

Comme prévu, j’ai apporté quelques améliorations à mes toilettes sèches, autrement appelées toilettes à litière bio-maîtrisée, mais que je préfère nommer « toilettes auto-maîtrisées ».

Etant donné que le métier le plus dégradant qui soit est très certainement celui qui consiste à devoir nettoyer les chiottes des autres, j’ai toujours pensé que si chacun s’occupait de nettoyer sa propre merde, il y aurait déjà bien moins de tyrans et d’esclaves.

Et ce qu’il y a de vraiment bien avec les toilettes sèches, c’est l’autonomisation qu’elles permettent. Déféquer et uriner sont parmi les besoins les plus fondamentaux : « je mange, donc je chie ; je bois, donc je pisse ». La toute première autonomisation de l’enfant est celle où il prend pour la première fois conscience qu’il est dépendant de sa mère, et où il s’aperçoit qu’il peut obtenir une certaine autonomie en apprenant à gérer ses déjections, plutôt que de s’abandonner au confort et à la simplicité de la couche. En apprenant à contrôler ses déjections, en ne comptant plus sur l’attention que lui portent ses parents pour se libérer de cette inévitable conséquence de l’alimentation, l’individu cesse d’être un nourrisson, et devient un enfant, qui apprend progressivement à devenir autonome.

De la même manière, nos toilettes à eau nous ont rendus dépendants de la société dans laquelle nous vivons ; dépendants des autres et de la collectivité. Elles sont les « couches » des adultes. Pour installer des toilettes à eau chez nous, nous devons acheter des toilettes étanches, équipées d’un siphon, et que nous ne pouvons pas fabriquer nous-mêmes. Il nous faut ensuite faire appel à un plombier pour les installer, et pour amener l’eau jusqu’à la chasse d’eau, donc acheter encore les plomberies nécessaires à cela, dont les matériaux viennent d’on ne sait où, et sont extraits dans on ne sait quelles conditions. De même ce plombier doit nous installer une évacuation, avec encore tuyauteries à la clé, fabriquées par l’immense et toute puissante industrie pétrolière. Puis nous devons acheter l’eau que nous utilisons en grandes quantités pour nettoyer sans effort ces water closed, et donc payer des impôts pour la construction et l’entretien du réseau d’adduction d’eau, ainsi que pour financer et entretenir les infrastructures qui permettent auparavant de rendre cette eau potable. Nous devons également payer des impôts locaux pour l’installation et l’entretien des réseaux d’évacuation, de tout-à-l’égout, ainsi que des installations très coûteuses qui vont permettre de nettoyer l’eau avant de la renvoyer dans les cours d’eau.

                  

Enfin, étant donné qu’en appuyant sur un simple bouton, on prend l’habitude de se débarrasser de nos déchets sans se demander où ils vont et ce qu’il advient d’eux, on en arrive à oublier que les déjections sont sommes toutes les meilleurs engrais qui soient, et que celles-ci auraient mieux fait d’aller engraisser les plantes de nos jardins. Pire, du fait qu’en consommant, on exporte la production de nos jardins jusqu’à nos estomacs, on extrait cette nourriture du sol de celui-ci, sans lui en rendre l’équivalent après utilisation. Et comme on s’aperçoit tout de même que nos sols s’appauvrissent, et qu’il est évident que notre alimentation dépend de ce sol et de sa productivité, il nous faut alors compenser cet appauvrissement par des engrais coûteux fabriqués à base de pétrole, ou bien en achetant des sacs de terreau qui proviennent de ces mêmes stations d’épuration que nous avons déjà payé de nos impôts, et qui filtrent les eaux que nous souillons pour en extraire les selles, les composter, les empaqueter, les distribuer, et nous les revendre après y avoir rajouté des bénéfices.

« Mais j’aurais ainsi créé de la richesse », pourrait certainement me répondre un défenseur de la croissance économique. « Oui, certes, mais j’aurais surtout créé la richesse d’un autre, ou de plusieurs autres, et cette richesse passe par un réseau immense d’infrastructures coûteuses et dont je deviens inutilement dépendant », lui répondrais-je. « D’autant plus que ce qui m’intéresse, ça n’est pas de créer de la richesse en soi, mais c’est ma propre richesse. »

Avec des toilettes auto-maîtrisées, je ne contribue plus au financement inutile d’infrastructures coûteuses et collectives, dont je deviendrais dépendant en terme d’argent et donc de travail. Avec des toilettes auto-maîtrisées, je m’autonomise, donc je « grandis », en n’ayant plus besoin de la communauté pour nettoyer ma propre merde ; c’est moi, et moi seul, qui gère mes déjections. Avec des toilettes auto-maîtrisées, je composte mes déjections, et ce compost retourne au sol de mon jardin, donc je rends au sol l’équivalent de ce que je lui ai pris ; après utilisation bien sûr. Avec des toilettes auto-maîtrisées, que j’ai fabriquées avec quelques matériaux de récupération, je n’utilise pas de matières extraites à l’autre bout du monde, dont la transformation et le transport sont extrêmement énergétivores, voire polluants ou socialement désastreux.

Et si vous ne possédez pas votre propre jardin, rien ne vous empêche de donner ou de vendre ce compost à un paysan, qui s’en servirait pour fertiliser son sol et ainsi obtenir une bonne récolte qu’il pourra vendre. Là, mon défenseur de la croissance économique serait bien obligé de reconnaître que j’aurais ainsi réussi à transformer ce qui, pour moi, était auparavant une charge, une dépendance, en une richesse.

Pour toutes ces raisons, je possède et utilise des toilettes sèches.

Auparavant, mes toilettes ne comportaient qu’un seau, dans lequel tout allait, pour se retrouver ensuite sur le compost. Or, la faiblesse de ce système (outre le fait que pour moi qui suis un homme il me faut constamment m’asseoir), est que l’urine, une fois le seau vidé sur le compost, se lessive, et donc ses nombreuses qualités fertilisantes sont alors perdues. Pour y remédier, j’avais tout d’abord installé une vanne sous le seau, et placé les toilettes en hauteur, afin de pouvoir soutirer cette urine dans un bidon, au fur et à mesure. L’urine peut alors être utilisée au jardin tel un purin végétal, en le diluant simplement à raison de 2/3 d’eau pour 1/3 d’urine, sous forme de très bon engrais potassique (pour accroître la production de tiges, de feuilles, et de racines).

Mais le problème de cette méthode, c’est qu’avant de s’évacuer du seau, l’urine se mélange avec les selles. Or, les selles contiennent des pathogènes qui, répandues sur les plantes consommées fraîches, peuvent se transmettre à l’homme et nous rendre malades. Ce qui signifie que cette urine « contaminée » ne peut être répandue que sur des plantes dont on consomme exclusivement des parties destinées à la cuisson (telles les pommes de terre, les poireaux, les topinambours, les patates douces, et autres tubercules). A partir du moment où l’on est susceptible de consommer une partie crue de la plante, on ne peut donc pas l’arroser de ce bénéfique engrais.

Pour remédier à ce problème, j’ai donc installé un urinoir de récup’, séparé des toilettes, qui me permet de récupérer les urines seules, lesquelles peuvent être alors épandues, à raison du même degré de dilution, sur des plantes dont on peut consommer des parties crues. Cet engrais constitue toujours un engrais potassique, que j’utilise donc pour accélérer la croissance des plantes à feuilles, tiges, ou racines, comme les laitues, les carottes, ou les aulx et les oignons (qui détestent habituellement l’humidité, mais apparemment pas celle-ci), les betteraves, les radis, et tant d’autres.

Pour les plantes dont on consomme les fruits ou les graines, il vaut mieux par contre utiliser un engrais azoté, tel le purin d’ortie.

Lorsque mes installations saturent, je n’ai plus qu’à les sortir dehors, et après les avoir vidées, à les laver à grande eau (l’urinoir ne repose que sur un simple crochet). Me voila maintenant totalement indépendant en ce qui concerne mes excréments. Mon jardin m’offre ses fruits, et je lui rends une contre partie. Je nourris mes plantes de mes fientes, et me nourris des fruits de ces plantes. Je me nourris des fruits de mes fientes. N’y a-t-il pas là une richesse évidente ?

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Opération pneus

28 mars 2010

La semaine dernière, je suis allé, avec mon camion, récupérer de vieux pneus dans la benne du vendeur de pneus. Avec, je vais pouvoir me réaliser plusieurs choses : un composteur, ainsi que des tours à pommes de terre, et des parterres de fleurs.

Composteur :

J’ai tout d’abord récupéré deux pneus de poids lourds, avec lesquels je me suis fait un composteur d’un mètre cube. Pour cela, j’ai fait un trou dans le côté du pneu à la perceuse, dans lequel j’ai pu ainsi introduire la lame à métaux de ma scie sauteuse, pour ainsi découper les bords du pneu, et ne garder que les parties centrales et cramponnées.

Les deux pneus ainsi découpés seront alors empilés l’un sur l’autre, puis remplis lorsque je disposerai d’un mètre cube de litière de toilettes sèches à composter, ainsi que de divers déchets de jardin.

Ces pneus forment un très bon composteur, puisque la couleur noire du pneu aide la litière à monter en température et ainsi à lancer la fermentation. Le caoutchouc du pneu, épais de 1 à 3 cm, isole cette litière, ce qui permet aussi de mieux en maintenir la température ; et la forme cylindrique permet parfaitement, à l’ensemble, de fermenter en même temps. Je recouvre même le tout d’une plaque opaque, ainsi, une fois la température due à la fermentation redescendue, les vers de terre peuvent s’y installer, et terminer rapidement la décomposition, tel un lombricompost, sans que j’aie besoin de mélanger le tout à nouveau.

Tour à pomme de terre :

J’ai ensuite récupéré plusieurs pneus de grosses voitures, que j’ai découpé de la même manière, et avec lesquels je vais pouvoir tester la culture des pommes de terre en « tour ». J’ai donc décidé de l’endroit où installer ma tour à pommes de terre, de manière à-ce que l’endroit, une fois celle-ci démantelée, puisse accueillir une culture de menthe, ou de mélisse, ou autre.

Puis j’ai sarclé un disque de la taille de mon pneu, et décompacté la terre à la pioche sur cet espace ;

J’ai placé mon premier pneu, ainsi que 7 pommes de terre germées (ici, de la race Chérie ; mais comme il vaut mieux utiliser des variétés tardives, j’en ai réalisé une autre avec des tubercules de la variété Nicola) ;

Que j’ai recouvertes, en remplissant le pneu à raz-bord, d’un mélange de terreau à base de fumier de vache, d’un peu de sable (environ 1/5°), et d’un tout petit peu de cendre (environ 1/10°), après que celle-ci ait été trempée et filtrée (pour la lessive), de manière à apporter de la potasse à mes pommes de terre.

Plus tard, dès que les tiges affleureront la surface, je placerai un deuxième pneu au dessus, que je remplirai à nouveau, et ainsi de suite, jusqu’à-ce que les feuilles se développent dès qu’elles affleurent. En théorie, les tubercules devraient alors se développer sur toute la hauteur des tiges, donc sur une hauteur de 4 ou 5 pneus (d’où l’intérêt d’utiliser plutôt des variétés tardives : plus elles mettent longtemps à pousser, plus on peut monter la hauteur de la tour). Je devrais donc pouvoir obtenir une production par tubercule, 5 à 7 fois plus importante que lors d’une culture en pleine terre. Mais ce n’est que la théorie, et j’ai tout de même planté 400 tubercules en pleine terre, sous la paille et les tontes de gazon, sur mes deux nouvelles buttes. Les tours à pommes de terre ne seront que du rab. Plantées en même temps, je pourrai comparer les résultats entre rendement en pleine terre, et rendement en tour, avec le travail qu’elles ont respectivement nécessité.

Et les « déchets » de pneus ?

Pour ce qui est des déchets des pneus de voiture, je n’ai pas trouvé d’utilisation à ces parties découpées ; elles partiront donc pour la déchetterie. Par contre, je vais utiliser celles des pneus de poids lourds pour « encercler » et contenir des cultures de plantes envahissantes, comme la menthe ou la mélisse. Leur forme va me permettre de venir rouler dessus avec la tondeuse à gazon, et ainsi de ne pas avoir besoin d’enlever l’herbe à la main autour de ces parterres, et leur taille est suffisamment large pour empêcher les racines de menthe de se répandre aux alentours.

Un lave-vaisselle tout neuf

7 février 2010

Ce week-end, il pleut, alors du coup, je bricole à l’intérieur. Cette fois-ci, je me suis amusé à bricoler un super égoutoir, pour la vaisselle, avec les restes d’un lave-vaisselle qui ne marchait plus, et que j’avais gardé au fond du garage au cas où, plutôt que de l’emmener tout de suite à la déchetterie.

Maintenant, j’ai de la place pour faire de grosses vaisselles, et je n’ai même plus besoin de la ranger, parceque ça me sert en même temps de placard. 🙂 ça n’est peut-être pas très esthétique, mais en tous cas, c’est bien pratique, et puis je me suis bien amusé à bricoler ça !

 

Et voilà, un lave-vaisselle tout neuf ! 😀

Bois, cendre, et suie

3 février 2010

Dans mon logement, je me suis installé un poël. C’est un logement communal, je suis en location. Je l’ai installé sans demander l’autorisation à personne, et puis ensuite, une fois fait, je suis allé signer une décharge de responsabilités à la mairie. Ils ont été simpas, ils s’en sont contentés sans problèmes (et puis, de toutes manières, maintenant je fais partie du conseil municipal).

Du coup je me permet également de tailler les arbres qui entourent mon terrain, je les taille en trognes, comme ça je les entretien, et j’ai du bois. ça n’est pas suffisant pour l’hiver, je vais en faire à droite à gauche, ou bien j’en achette un peu, mais en tout cas ça me fait un bon apport, puisque je couvre, avec ces arbres, environ 30% de mes besoins en bois de chauffe.

Mais du coup, je me dois de recycler les « déchets » que procure l’utilisation du poël. La cendre, ma femme la récupère. Elle la met à tremper dans un grand bidon, à raison d’un tiers d’eau et deux tiers de cendre, et au bout de trois semaines, elle soutire, puis elle filtre la cendre, et comme ça, elle obtient une très bonne lessive, à laquelle elle n’ajoute que quelques gouttes d’huiles essentielles avant de l’utiliser dans le lave-linge.

Par contre, lorsque je nétoie le tuyau du poël, j’obtiens une demi bassine de suie, et cela environ 3 fois par an, et dont je ne sais que faire. Je me doute que je devrais pouvoir l’utiliser au jardin, (après tout, ce n’est que du carbonne), mais de quelle manière ? Dois-je l’incorporer au compost, et si oui en quelles proportions maximales ? Puis-je dirrectement l’étaler sur mon sol ? Dois-je la broyer avant pour en faire de la poudre ? Puis-je l’utiliser dans mes toilettes sèches pour remplacer la sciure ? Ou bien la mélanger à ladite sciure avant de l’utiliser sur les toilettes ? Là aussi, dans quelles proportions ?

Quelcun aurait-il une réponse à cette question ? Ou d’autres idées de recyclage ? Je n’arrive pas à trouver sur internet.