Archive for novembre 2011

Toujours vivant !

20 novembre 2011

Voila bien longtemps que je n’ai rien publié sur ce blogue. J’ai tout d’abord été pris par beaucoup de travail au début, puis j’ai eu à subir quelques problèmes de couple ensuite (la première raison étant d’ailleurs, sans doute, la principale cause de la deuxième, bien malheureusement). En tous cas, désormais j’ai enfin le temps et l’envie de m’y remettre.

Parce qu’il y a du nouveau. Tout d’abord, comme je le disais, j’ai eu à supporter quelques problèmes de couple, et désormais je me retrouve seul à la maison à m’occuper de mes deux enfants. Ce qui, vous me direz, ne doit sans doute pas me laisser beaucoup plus de temps qu’auparavant. Mais avec un peu d’organisation, on finit toujours par s’en sortir et à s’octroyer un peu de temps libre pour soi, et rien que pour soi. Bref, me voilà célibataire, et même carrément père isolé.

Prêt pour l’hiver ?

Je n’avais pas eu beaucoup de temps à consacrer aux semis d’automne, et puis il aurait sans doute fallu que je les arrose (les poireaux et carottes sont rachitiques, et les laitues d’hiver ne sont pas sorties, pas plus que les panais), mais j’ai tout de même quelques bonnes réussites, notamment les navets, les radis noirs et les betteraves (merci d’ailleurs à Rémas pour son aide lors des quelques jours de wwoofing qu’il est venu passer à la maison).

Et je viens seulement de terminer les semis d’hiver : trois buttes entourées respectivement par des échalotes, des oignons blancs, et de l’ail, et dominées par des rangs de fèves et de petits pois. Tout cela n’a pas encore pointé son nez à la surface, on verra ce qu’il en est. Mais en tous cas, en 5 heures, les trois buttes furent sarclées et semées, ce qui représente environ une heure de travail pour dix mètres carrés de surface, ce qui est un petit record personnel dont je suis assez content. Et voilà un bien beau semis direct sous couvert :


Résultats de la saison printemps/été :

Je vous parlerai dans un prochain article des nouvelles améliorations ou expérimentations que j’ai pratiqué ou mis en place (notamment le nouveau tracteur à poules que l’on aperçoit sur les photos ci-dessus, ainsi que ma méthode d’entretien des buttes et de travail du sol « express », et d’autres), mais il faut tout de même que je vous livre dès maintenant un bilan pour cette saison de jardinage. Parce qu’il se trouve qu’à ce niveau-là, cette année, j’ai plus qu’assuré. J’ai travaillé, une fois de plus, mes 450m² de potager entièrement à la main, à raison de pas beaucoup plus qu’une heure par jour ; j’ai réalisé tous les semis pour mes plants au printemps, tout repiqué, tout récolté, tout seul ou presque (merci au passage à Bobzdar pour les quelques jours de wwoofing qu’il est également venu passer à la maison au moment du repiquage des plants et des semis de pleine terre) ; et avec ça, j’ai réussi à obtenir une production au-delà de mes espérances, sauf en ce qui concerne les tubercules, qui malheureusement n’ont pas résisté à un long printemps de sécheresse.

Cette année, j’ai donc repiqué 60 plants de tomates de 4 variétés différentes, 60 pieds de melons de 2 variétés différentes, 24 plants de piments de 2 variétés différentes, 24 plants de poivrons, 12 pieds d’aubergines, 12 pieds de courgettes, 12 pieds de physalis, 6 pieds de potimarrons et 6 pieds de doubeurres, 6 pieds de concombres, 24 plants de patates douces, 12 pieds d’amarantes à graines, 12 pieds de maïs, 12 pieds de tournesols géants, 12 plans de topinambours, 30m de haricots mange-tout, 30m de haricots à graines, 80 de rang d’oignons, 20m de rang d’échalotes, et 20m de rang d’ail, ainsi que 30m² de pommes de terre.

J’ai obtenu une excellente récolte d’oignons, d’ail, d’échalotes, une excellente récolte de tomates, de potimarrons, de concombres, de graines d’amarantes et de graines en général. J’ai eu une récolte tout à fait honorable en ce qui concerne les melons, les piments et poivrons, les aubergines, les courgettes, les physalis, les doubeurres, et les mange-tout. Malheureusement, comme je le disais plus haut, j‘ai eu une récolte décevante en ce qui concerne les patates douces et les pommes de terre.

De plus, la qualité de sol de mes buttes s’améliore, même sans aucun apport, et cet automne, il y a de jolis champignons (malheureusement non comestibles) qui poussent par-ci par-là, sur mes buttes :

Par contre, désolé mais j’ai eu si peu de temps à consacrer à autre chose qu’au travail et à mon couple, en cette saison de printemps/été, que je n’ai même pas pensé à prendre quelques photos de mon jardin, pourtant si réussi.  😦

Bilan et conclusions :

De cette saison estivale, je tire deux conclusions : tout d’abord, j’ai fait une saison de production somme toute assez remarquable, mise à part pour les tubercules, mais ce printemps de sécheresse exceptionnel explique cela, et encore, cela pourra sans aucun doute être prévenu à l’avenir par une meilleure organisation de la culture des tubercules (en l’occurrence sous la paille, mais en versant nord des buttes, et avec un arrosage automatique au goutte-à-goutte au sommet de la butte). Ce niveau de production est d’autant plus remarquable que je l’ai obtenu avec somme toute assez peu de temps de travail disponible, en l’occurrence pas plus de 12H/semaine en moyenne consacrées au jardin. J’ai donc réussi à obtenir une excellente productivité horaire de mon travail de jardinage. Du coup aujourd’hui, j’appréhende moins l’avenir, car je sais qu’il m’est désormais très facile d’obtenir de quoi me nourrir, et nourrir ma famille, de façon autonome et efficiente.

L’autre conclusion, c’est que désormais je n’ai plus tout à fait le même intérêt à jardiner ou à bricoler. Lors de la création de ce blogue, je voulais chercher à obtenir la production nécessaire avec un minimum de travail, de manière à pouvoir disposer d’un maximum de temps de libre. Or je m’aperçois qu’au lieu de ça, j’ai plutôt acquis un réel plaisir de travailler, un plaisir de produire et de récolter les fruits de mon travail. J’aime mélanger ma sueur à la terre lorsque je travaille mon sol, et sentir la fatigue envahir mes muscles à la fin d’une bonne journée de travail bien remplie. Et c’est d’autant plus appréciable que j’effectue ce travail chez moi, à mon rythme, en gérant mon temps et mes efforts comme je l’entend, et avec des résultats qui me reviennent. Je n’ai donc pas à subir les inconvénients du travail que sont les douleurs ou la fatigue, voire le stress ou la soumission à l’autorité d’un patron. Et j’adore également perdre du temps à faire tout un tas d’expérimentations, même si elles ne se trouvent  pas être au final si rentables que cela.

Je m’aperçois donc qu’en fin de compte, ce que je recherche désormais, ce n’est plus une diminution du labeur comme au départ, mais plutôt une augmentation de la productivité de mon travail, de l’efficacité de celui-ci. Je ne travaille pas moins, au contraire, je travaille plus, car j’y ai pris goût et que j’ai acquis un certain rythme, et une force physique non négligeable que j’aime entretenir ; il y a donc eu une sorte « d’effet rebond », et au lieu d’en faire moins, j’en fais d’avantage, mais mieux, et plus rapidement. En réalité j’aime que les choses avancent de plus en plus vite, et j’aime pouvoir faire de plus en plus de choses, au lieu de chercher à diminuer ma quantité de travail, que du reste je ne peux plus guère considérer véritablement comme du « labeur ». J‘apprécie même de moins en moins les quelques instants de paresse que je m’accorde : j’ai de plus en plus besoin de conserver toujours une forme d’activité, qu’elle soit à écrire, à débattre, à picoler, à jouer de la basse ou de la guitare, etc. Même pour bien réfléchir, pour que mes pensées s’organisent de manière claire et précise, j’ai besoin, en même temps, d’effectuer une activité physique qui ne me demande aucune réflexion, car elle est déjà acquise et que je l’effectue par réflexe. C’est la meilleure méthode qui soit pour organiser et clarifier ses idées, ses désirs, ses réflexions.

Une orientation professionnelle :

Je suis donc désormais et plus que jamais pour la spécialisation, et donc pour l’échange, pour le commerce. J’aime le travail bien fait, la spécialité d’un travail obtenu avec une bonne productivité et la qualité d’un spécialiste. Je ne recherche plus du tout l’autonomie et l’auto-suffisance comme auparavant. Elle est sans doute atteignable, mais elle ne m‘intéresse plus. Je veux désormais pratiquer uniquement les activités qui me plaisent, et je veux les effectuer avec un travail de qualité, bien fait, efficace et rentable. Et je veux échanger les fruits de mon travail contre celui des autres spécialistes.

Je vais donc sans doute à l’avenir réduire légèrement la production potagère en vue d’une autonomie (j’ai déjà commencé en me séparant de mes poules), mais par contre je réfléchis à m’orienter vers une production à des fins professionnelles, avec un projet agricole en permaculture, accompagné d’un camping à la ferme en cabanes, et peut-être même à terme à l’organisation de stages. Je ferai en tout cas sans aucun doute appel dès que nécessaire à des wwoofeurs, qui seront les bienvenus pour me filer un coup de main pour monter ce projet, projet dont j’aurai bien sûr l’occasion de reparler plus en détail, lorsqu’il se précisera puis se mettra en place.

Publicités