Bilan de l’année

Voici venu le temps de faire un petit bilan de la saison 2010.

Tout d’abord, voilà environ un an que j’abandonne progressivement la biointensive, au profit de l’agriculture synergique, mais cet hiver, je l’abandonne définitivement. La biointensive utilise les buttes, tout comme l’agro-synergique, en les travaillant également au minimum ensuite, mais ne couvre pas le sol, et composte les déchets verts avant de les retourner au potager. Et surtout, elle propose de cultiver des « mini monocultures », plante par plante, disposées en quinconce sur les buttes. C’est ce point-là qui m’a le plus rapidement déplu, car certaines plantes, comme les oignons, laissent la terre à nue, voire nécessitent même le binage, et la « mini monoculture » d’oignons demandait tout de même 30m² de surface de buttes.

De plus, la pente créée par la mise en butte accélère alors les processus d’érosion, surtout avec le binage, car la disposition en quinconce évolue rapidement, pour faciliter le travail, vers une disposition en lignes perpendiculaires à la butte, donc avec le binage en déclive (dans le sens de la pente). Cette année, j’opte donc définitivement pour des lignes à flanc. J’opte également définitivement pour un meulch systématique de paille, et pour une intégration en simultané au paillage, des plantes désherbées, afin de les laisser se décomposer sur place en même temps qu’elles participent de sa couverture. Les buttes seront donc cultivées en 5 lignes, une centrale et sommitale qui accueillera les plantes à fruits ou à graines, deux lignes intermédiaires qui accueilleront les plantes racines ou les plantes à feuilles, et deux lignes en bordure qui accueilleront les liliacées, les blettes, les pissenlits, les plantains, et les laitues. Cette méthode a en outre l’avantage de permettre aux liliacées de supporter le paillage, et ainsi de supprimer la nécessité de les biner.

J’utilise également de plus en plus le semis en poquets, et des associations de plantes, notamment des plantes tutrices, maïs amarantes et tournesol pour les haricots à rames, et topinambours pour les petits pois à rames (topinambours dont je force préalablement le développement des branches, en leur coupant la tête à 80 cm de hauteur). Cet hiver, je vais tester la culture des petits pois nains au milieu des fèves, en espérant que celles-ci leur servent de tuteurs.

Mon potager a disposé cette saison de 9 buttes de 15m² de surface chacune, le reste est en train d’être butté, ou le sera cet hiver (16 buttes en tout).

Voici les cultures de l’année :
– Fèves = 80 pieds, 15m², bon stock de fèves fraîches congelées. Production annuelle suffisante (presque 20 kg).
– pois chiches, 15m², 2kg récoltés et conservés secs, pour faire de la farine de pois chiches, pour épaissir des sauces, ou faire des galettes. Première année d’essai.
– Oignons blancs et rouges, deux bonnes centaines de chaque, production annuelle suffisante, au printemps les poireaux remplacent les oignons.
– Ail et échalotes, une bonne centaine de chaque, production annuelle suffisante.
– Petits pois et pois gourmands, 20 pieds de chaque; production d’appoint (1/10° ?), destinée à être quadruplée l’année prochaine.
– Carottes, ratées plusieurs années de suite.
– Pommes de terre : 3 buttes + 2 tour à pommes de terre, 6 variétés différentes, production suffisante pour l’année.
– Maïs doux, 20 pieds pour les grillades. Peut-être du maïs à farine l’année prochaine.
– Courgettes, 4 pieds, production ratée cette année (incroyable, n’est-ce pas ? une seule courgette !), habituellement suffisante.
– Potimarrons et Doubeurres (butternut), 4 pieds chacun, respectivement 7 et 8 courges pour l’hiver, production suffisante. L’année prochaine, je rajoute quatre spaghettis.
– 4 pieds de concombres, production suffisante.
– 8 pieds de calebasses, pour tester 4 variétés différentes, deux sélectionnés pour l’avenir, destinées à la réalisation de bols, saladiers, seaux, arrosoirs, instruments de musique… on verra bien.
– Melons, 2 variétés, 6 pieds de chaque, production suffisante.
– Pastèques, 4 pieds, difficile de savoir quand les fruits sont prêts, 3 seulement étaient cueillis à point.
– Tomates, 30 plants de 4 variétés différentes, non taillées, laissées courantes sur la paille; congélation telle quelle des deux variétés de petites (une noire, une rose), soit 20 plants, 20kg congelés.
– Poivrons, 20 plants, récolte correcte, mais pas de capacité de congélation. Le double l’année prochaine.
– Aubergines, 4 plants, idem; 10 plants l’année prochaine.
– Piments très forts, 20 plants de deux variétés, destinée à doubler l’année prochaine.
– Patates douces, excellente récolte l’année dernière sur 15 m², pour l’année; plantation en retard cette année, deux plants ont poussé, récolte : un tubercule de 2 cm^3. J’suis dèg’ !
– 10 pieds de tournesols géants (3 à 4 m de haut), superbes, récolte pas encore triée ni pesée, pour faire un essai de production d’huile.
– Haricots mange-tout : 20 pieds de grimpants (tuteurs = tournesols, maïs), tardifs, récolte il y a peu, stock pour deux mois seulement. L’année prochaine rebelote, mais je referai aussi des nains en début de saison, pour la consommation annuelle.
– Haricots secs, nains (Borlotto), 20 m², stocks 3/4 en frais congelés (5 kg), 1/4 en sec (1.25kg)
– Essai d’amarantes à graines, 40 pieds de 4 variétés différentes. Préférer les précoces, la moitié (les tardives) ont pourri sur pied. Essai de battage à la main, 1h pour 1/2kg (beaucoup de travail pour pas grand-chose), le reste a pourri, pas eu le temps de m’en occuper à cause du boulot. L’année prochaine, je remplacerai par des maïs ou des tournesols, et ne mettrai que quelques pieds au milieu des rangs pour la beauté (de quoi récolter un à deux kg de graines).
– essai de quinoa, aucun pied n’est sorti, et ce depuis plusieurs années.
Voilà pour la saison printemps/été; tous les semis ont été faits à la maison, souvent en retard, sauf 4 plants de tomates achetés histoire d’en avoir en précoce.


Planté pour l’hiver cette année :
– 80 plants de choux, fleurs, Bruxelles, brocolis, milan, plantés un peu en retard. (achetés)
– 200 poireaux, plantés un peu en retard aussi. (achetés)
– semis de navets, oignons, carottes, rutabaga, laitues d’hiver, radis noirs, tous ratés.
– semis de panais (ligne de 4m), et de betteraves (ligne de 4m) réussis, mais un peu en retard.
– topinambours, 20 plants, suffisant pour la conso hivernale.
– blettes, ou poirée, 4 pieds, production suffisante pour l’automne/hiver.
Habituellement, également de la mâche, mais oubliée cette année. Le tout sur deux buttes, soit 30m², au lieu des trois prévues. Heureusement il reste aussi les orties, les pissenlits, et le plantain.
La surface totale me semble suffisante à long terme, hors céréales. Reste à peaufiner les détails, ne pas rater les semis, etc. La congélation se fait dans des grands sacs en carton, congélateur de 700 litres. Les choses pour lesquelles j’ai encore vraiment beaucoup de mal : les laitues, les carottes, les semis d’hiver et surtout les choux, les épinards.

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22 Réponses to “Bilan de l’année”

  1. supersasa Says:

    et bien je vois que tu ne chômes pas , tu ne fais pas de conserves ?

    • Ramite Says:

      Salut sasa, 🙂
      non, je ne fais pas de conserves, c’est trop de travail; pour que ce soit rentable, il faudrait que toute la production arrive à maturité en même temps, ce qui n’est le cas que pour les légumes qui ne peuvent pas être mis en conserve.
      Le congélateur est un outil très rentable, si on compte le temps de travail qu’il permet d’éviter.

  2. Yves Brouckaert Says:

    Ramite,

    heureux de te revoir ici, tout est plus convivial et facile.
    Un peu comme si l’on avait remis des poignées aux tiroirs.

    Pour parler de congélo, je les utilisais à profusion. C’est tellement facile!
    Mais un jour mon beau-frère (ingénieur chimiste) m’a calculé la consommation électrique. J’en suis tombé sur le cul !
    J’ai fait ma propre expérience, douze heures de fonctionnement (y compris le frigo), et j’ai constaté que la consommation était délirante.
    Bien sûr il y avait deux congélateurs de 300 litres qui n’étaient plus aux normes. Je ne te dis pas, tout a rapidement changé.

    Pour ce qui est des transformations à tes buttes, il me faudra relire, mais j’ai cassé mes lunettes et je me débrouille avec celles d’A-M.
    Cordialement.
    Yves

  3. helven Says:

    Pret de chez moi il y a quelque cultivateurs bio qui utilise une méthode de culture très simple et peu couteuse : il laboure après la récolte , saupoudre les sillons de corne de gazelle, mettent une chape de paille et n’y touche plus jusqu’à la fonte des dernière neige en avril (ça maximise l’azote et le calcium d’après ce que j’ai compris) après ils plante de manière traditionnelle (à la main) et chaque années il change de culture par parcelle . pendant la production les seuls engrais utilisés sont du guano et du purin d’ortie et je dois dire que le résultat est exceptionnel : mon voisin par exemple, réussit à avoir des tomates sucrées et avec du gout (chose introuvable en france, même en épicerie bio) , les quantités produites dépendent de l’ensoleillement (donc pour les fruits et les plantes grasse , ici c’est très peu) alors que les cultures traditionnelles ( choux , carottes, poireaux, oignons, salades et endives ) sont très productive.
    J’ai aussi un ami paysagiste qui lui , utilise du fumier de lion (il faut avoir un zoo pas loin ^^) comme engrais pour ces fruits , l’engrais est si puissant qu’il doit le mélanger à du terreau (50/50) et le laisser reposer pendant la saison hivernale, avant de le répandre comme de la terre de bruyère, il l’utilise également pour les fleurs grasse (dont une génétiquement proche du houblon et très populaire au quebec d’après ce que l’on m’a dit ^^)

    • Ramite Says:

      Merci du conseil, mais je crois que ma méthode est encore d’avantage efficace. 😉
      En fait, je ne travaille ma terre qu’une seule fois, pour constituer la butte, ensuite je n’ai plus besoin de travailler ma terre, sauf au bout de huit ans environ, une fois qu’elle s’est affaissée. De plus, avec le paillage et le fait d’y intégrer les adventices, la butte est « auto-fertile », c’est-à-dire que je n’ai pas besoin d’y ajouter un quelconque fertilisant importé pour que la terre s’enrichisse continuellement. Je lui rend simplement ce que je lui prend, via les toilettes sèches, tous les 8 ans.

      Labourer me demanderait trop de travail, surtout à la main, car il me faudrait recommencer tous les ans. Et puis le labour élimine la faune et la flore du sol, et donc détruit sa qualité. Le labour est à l’agronomie ce que l’état, avec sa législation et ses subventions, est à l’économie : une contrainte qu’on croit indispensable, alors qu’en réalité elle est la source des problèmes qu’on tente de régler en le renouvelant sans cesse.
      Je pratique donc une forme de « libéralisme agrologique ».

      Et pour avoir des tomates avec du goût, il suffit de les cueillir mûres sur pied, comme pour tous les fruits d’ailleurs ^^ : du moment qu’ils ont été cueillis verts pour pouvoir être transportés et arriver mûrs sur les étals, ils sont sans saveur, même en bio.

      • Flo123 Says:

        Bonjour,

        Votre parralèlle avec l’économie est parfaitement exacte. Une question cela-dit, lorsque vous dite production suffisante, c’est suffisante pour quoi, ou pour combien de personne ?

        Je découvre votre blog, je vais lire les articles sur les buttes.

        Flo

  4. Nicollas Says:

    Beau potager !

    Niveau quantité tu parles pour une famille de 4 c’est ça ? C’est bien d’avoir des chiffres !

    • Ramite Says:

      Merci 🙂
      Nous sommes quatre, mais dont deux enfants assez jeunes, 5 et 7 ans ; soit environ l’équivalent de trois adultes en tout. A mon avis d’ici qu’ils soient adolescents, il faudra que j’augmente petit à petit la surface jusqu’à avoir près de 400m². Soit 100m²/personne.
      Mais attention, je compte en surface de butte. Comme elle est bombée, sur le plan chaque butte ne fait que 10m², contre presque 15m² de surface (10m² multiplié par un peu moins de pi/2). Donc, il faut 100m²/personne sur le plan, buttes et allées comprises.

  5. Hervé Says:

    Bonjour Ramite;
    La pratique du jardin potager permet ce contact avec la terre que beaucoup ont perdu. Elle est riche d’enseignement.
    Je me rappelle, quand j’ai débuté dans les années 90 j’ai reproduit les enseignements des proches, voisins, livres…c’est à dire bêchage, arrachage des mauvaises herbes, arrosage, enfouissement de fumier, taille des tomates etc etc. Bref beaucoup de travail avec des résultats souvent médiocre.
    Déjà a cette époque je trouvais que le retournement de la terre lors du bêchage était bizarre et contre nature. Ce bel humus qui partait dans les profondeurs! pour se retrouver avec un sol nu et triste, sans vie!
    J’aurais du écouter cet instinct! mais j’imaginais, à contre cœur et avec tout le poids de la culture agricole, que cela devait nourrir les racines des plantes cultivés?
    20 ans plus tard, je n »écoute plus que mon instinct:
    pas de modification du profil de sol, peu de culture en ligne, pas de travail du sol, pas d’arrachage de mauvaises herbes (je coupe au ras du sol lorsqu’il y a concurrence). Le sol est soit couvert par des cultures, soit des herbes diverses et variées, soit des cartons pour le marquage des allées, soit des déchets organiques végétaux(bois, résidu de coupe, paille), mais aussi animaux (fumier, os, peau).
    Les premiers légumes seraient apparus sur les décharges de l’homme du paléolithique ce qui correspond à mon inspiration.

    Bref, tout cela pour dire qu’à mon sens,il ne faut pas rester figé sur une méthode de culture décrite par untel. Le buldozer pour créer des buttes à la manière de Serpp Holzer, même si le concept est intéressant, ne me passionne pas du tout, parce qu’il fait intervenir trop d’énergie et de technologie.

    Je pense que ce qui doit nous guider avant tout c’est l’observation de la nature, notre instinct et être persuadé qu’avec très peu de travail on peut très bien vivre, et même vivre très bien.

    Cordialement

  6. Yves Brouckaert Says:

    Ramite,

    je vais te poser une question que tu pourras entendre comme une provocation, mais je ne comprends pas bien cet acharnement à refuser le labour.

    D’une part, il permet de rendre une certaine structure au sol, tout en permettant l’incorporation d’amendements divers; tu me répondras que les vers de terre s’occupent bien de l’aération du sol et de la décomposition des déchets divers (que tu les aies enterrés ou bien qu’ils se trouvent au ras du sol : et il est bien évident que c’est le ver de terre et lui seul qui, digérant les apports divers les transforme en nourriture directement assimilable), et dans ce cas, tu me rétorqueras avec raison que le paillage des buttes met le lombric à l’abri de ses prédateurs naturels. (c’est pourquoi, il faut saupoudrer, au printemps tes buttes de poudre de diamant).
    Mais il faut pour cela disposer d’un sol totalement absent de plantes à rhizomes, sans quoi, au bout des neuf ans de buttage, ru retourneras des quantités inimaginables de racines enchevêtrées.

    Aussi, lorsque tu as affaire à une terre argileuse, « lourde » (de la terre à pipes, comme on dit chez nous), je demeure sceptique. Bien sûr, au bout de vingt ans d’incorporation de matériaux divers (sables, bois haché, etc.) tu auras rendu ton sol plus riche, plus léger, mais jamais, au grand jamais, surtout si tu ne bénéficies pas de fortes gélées d’hiver, tu ne parviendras à faire se marier cette argile aux choses que tu lui auras données. Chacun restera à sa place, se cotoyant sans jamais passer à l’acte.

    Amicalement,
    Yves.

    • Ramite Says:

      Yves,
      Je ne vois pas cela comme une provocation, et me fais un plaisir de t’expliquer.
      Sache tout d’abord que le substrat, par chez moi, est de l’argile quasiment pure, et que c’est malgré cela que je me refuse catégoriquement au labour. Car le labour est une méthode qui n’est efficace qu’à court terme, mais dont les impacts à long terme sont en réalité pires que si on n’avait pas labouré.
      Pour t’expliquer parfaitement de quoi me vient ce refus, il me faut commencer par le commencement : qu’est-ce que le sol ?
      Et bien, le sol est un mélange de substrat désagrégé, et d’humus, c’est-à-dire de détritus végétaux et animaux plus ou moins dégradés. Mais surtout, le sol, dans la nature, n’existe pas sans la vie ; c’est la vie, en agissant par son immense diversité, qui modèle les ressources qui sont à sa disposition, pour en aboutir à cet élément d’une richesse inégalée qu’est le sol. Et pour parvenir à cette richesse, à cette perfection en terme de pH, de structure mécanique, ou de composition chimique, la vie n’utilise pas le labour, ni les herbicides, fongicides, etc.
      L’humain occidental a longtemps cru qu’il était supérieur à la nature, qu’il pouvait la dominer, et même faire mieux qu’elle, et pour cela il a inventé le labour, de manière à faire « table rase » de la vie sur le substrat, pour lui substituer les seules plantes qui l’intéressaient, les seuls amendements qui l’intéressaient, les seules prédations qui l’intéressaient. Mais nous savons maintenant que c’est faux, nous ne pouvons pas faire mieux que la nature, pour la bonne et simple raison que nous faisons partie intégrante d’elle, et que notre intérêt dépend de l’équilibre global de cette vie.
      Avec le labour, donc, nous détruisons ce que la vie a mis des années voire des décennies à réaliser, en brisant la structure naturelle, en enfouissant l’humus à un horizon où il ne se décomposera pas mais où il macèrera en produisant du méthane, en exterminant la faune et la flore du sol en l’exposant au gel ou aux brûlures du soleil, en accélérant dangereusement l’érosion et l’altération en dégradant la structure mécanique et chimique du sol.
      Mais avec le labour, le sol paraît « propre ». On a le sentiment que « nos » plantes auront toute la place nécessaire, qu’elles pourront croître sans être importunées par d’autres. En réalité, elles se sentent bien seules, et sont malades de ne pas avoir les pieds dans un vrai sol. Mais surtout, les effets positifs du labour s’estompent très vite, et il faut renouveler de plus en plus souvent l’opération, au fur et à mesure que le labour dégrade de plus en plus le sol.
      A l’inverse, lorsqu’on regarde comment fait la nature dans les endroits où la vie est foisonnante et le sol profond et riche (dans les forêts, dans les landes sauvages, dans les prairies naturelles), le sol n’est jamais retourné, ou bien alors très localement par des bestioles, et jamais bien profond; le sol est toujours couvert de déchets et de cadavres, et jamais laissé à nu ; et le sol n’est jamais débarrassé de l’intégralité des plantes et champignons qui l’habitent.
      Voila donc ce que fait la permaculture, à l’opposé du labour : elle s’inspire des écosystèmes naturels, du fonctionnement de la nature, et elle tente de reproduire cela au mieux, en créant un sol naturellement favorable aux plantes et aux animaux que nous voulons obtenir.
      Le labour, en agronomie, est comparable à la répression, dans la vie sociale humaine : il permet de contenir les problèmes, mais ne les règle pas. Pour régler les problèmes, il faut laisser les individus qui la constituent les régler eux-mêmes ; il faut « laisser-faire », laisser un équilibre se créer, avant de pouvoir en profiter.

  7. helven Says:

    Je ne suis pas un connaisseur (les seuls plantes que je plante n’ont pas besoin de labour mais d’un sol compacte pour un bon développement des racines) par contre pour les autres plans , il est quasi obligatoire, le sol étant ici très argileux et en pente (du à la hauteur , nous sommes au dessus de la fracture de pente soit en gros : un peu de terre, bcp d’argile , puis une grosse masse rocheuse) le labour se fait donc à la main et en faible profondeur , et pour les tomates, j’en ai gouté des tonnes (impossible de trouver des tomates qui ont du gout en france, même les naines, mêmes produites sur lieu de vente -en tout cas en lorraine-) celles de mon ami sont les seuls potables à mon gout (il fait ses propres semences plutôt que d’utiliser celles du commerce.
    il faut dire aussi que le climat d’ici est très différent de celui du quebec : nos étés sont très froid (quand on a un été) et nos hivers moyens, certaines années on a l’impression d’avoir eu droit à un automne (ou un printemps pour les optimistes ) d’1 an.

    • Ramite Says:

      Essaye plutôt le paillage, qui aura l’efficacité d’augmenter la taille du sol, au lieu de le réduire d’avantage comme le fait le labour. A plus forte raison en pente, car le labour augmente l’érosion : pente et fractionnement du sol ne font pas bon ménage.
      Pour les fruits, effectivement, la qualité des semences y est aussi pour beaucoup : rien ne vaut des variétés rustiques. J’achète les miennes chez Kokopelli, et j’essaye autant que possible de les auto-perpétuer.
      Certaines plantes grasses herbacées apprécient un sol caillouteux pour le bon développement des huiles essentielles : dans ce cas, un meulch de cailloux est tout à fait bénéfique en remplacement du paillage ; les cailloux vont préserver le sol en même temps qu’ils vont refléter la lumière du soleil en direction des parties aériennes de la plante.

      • helven Says:

        La cassure de pente c’est l’endroit plat entre 2 pentes (le sommet formant le plateau qui lui est fortement sousmis à l’erosion et ne doit pas etre labouré) , la où le sol est le plus riche : plus bas c’est des la roche calcaire, plus haut c’est de l’argile pure .au fait : le labour est apparue à la même époque en chine et en egypte (ce que l’on appelait la basse égypte soit le sud de la judée, les philistiens ont importés cette méthode en occident après leur implantation dans ce que l’on appelle aujourd’hui gaza, leur ex capitale.

  8. Yves Brouckaert Says:

    Ramite,

    Ton avis est toujours très bien structuré et imparable.

    Je suis d’accord avec toi, pour l’exploitation d’un terrain totalement argileux; tu y organises la vie en surface et, petit à petit, le lombrics et autres, aèrent le sol et y déposent leurs déjections.

    Si je disposais d’un tel terrain, je tenterais, d’en cuire, sous forme de parpaings, histoire de voir s’ils n’éclatent pas, ni à la première, ni à la seconde cuisson. (Je pense toujours à découvrir sur place les matériaux de construction pour ériger « Utopia ».

    Mais, si je suis d’accord pour la production d’un jardin personnel selon la permaculture, qu’en est-il pour une production plus importante, destinée à la « communauté », il y faudra au moins deux vaches, et des voisins pour fournir le taureau, puis un autre pour en changer. Deux vaches, car il en faut au moins deux pour étaler la lactation toute l’année.
    Pour leur nourriture, des prairies permanentes, selon la richesse du terrain.
    Deux hectares au moins de terrain pour une vache et sa petite famille.

    Mais il faudra produire également des céréales (retrouver les espèces rustiques à faible rendement (1/3 sans doute)).
    Des betteraves fourragères et pourquoi pas sucrières, des pommes de terre, etc.

    Nourrir des porcs : céréales, pomme de terre cuites (trouver un vieux cuiseur au bois), petit lait, lait battu, clair de fromage et déchets ménagers.

    Mais vraisemblablement, il faudra bien plus d’animaux que le nombre exprimé ci-avant.
    Il faudra aussi promouvoir l’élevage de lapins, poules et gallinacés divers.

    Je constate avec horreur que j’ai oublié les chevaux.

    Liste absolument non-exhaustive.

    Il faudra penser à la récupération de matériels anciens (semoirs, charrues, herses, tombereaux, etc.), dans le but de pouvoir les reproduire. (Il va de soi que l’on peut récupérer nombre d’essieux et de roues de véhicules actuels).

    Pour les différentes productions, il faut que l’on réapprenne à en récupérer les semences au bon moment (les échanger avec une autre commune autarcique).

    Il faudra trouver le moyen de moudre, broyer et d’aplatir les céréales.
    Moulin alimenté par un ruisseau ou éolien.
    Il faudra étudier des moyens de conservation des différents aliments produits.

    Bien sûr, selon les vœux des habitants, il pourra être accueilli d’autres habitants sous conditions à définir dans la « Constitution ».

    D’où, prévoir la possibilité d’extensions, sans rompre le caractère humain et villageois du groupe.

    A propos, j’ai lu ou vu à la télé que les panneaux photovoltaïques et que les éoliennes (toutes) ne sont pas rentables et que leur production maximale est pour la plupart, dérisoires à vérifier !).

    Cordialement,
    Yves

  9. Yves Brouckaert Says:

    J’ai oublié ceci : lorsque je parle, moi, de labour, je parle d’une opération qui se déroulait à maximum 15 cm de profondeur;

    A propos de PH, comment peux-tu dire qu’un sol a un PH équilibré, sans l’analyser. Je sais bien que certaines plantes prouvent l’existence d’un PH bas et que la présence naturelles d’autres prouvent le contraire.

    Mais, la question que je me pose, c’est la manière par laquelle tu équilibreras le PH.

    Bien à toi,
    Yves.

  10. Yves Brouckaert Says:

    Ramite,

    ceci n’est pas une chausse-trappe, as-tu du liseron (liseron des haies ou encore volubilis) ?

    Si c’est le cas comment fais-tu pour l’éradiquer, sinon le contenir un peu ?

    Chez moi et partout où je mette les pieds dans la région, il pullule et résiste à tous les traitements chimiques.

    Chez toi, quelle est la situation ? Et que fais-tu ?

    Bien à toi,
    Yves.

    • Ramite Says:

      Le liseron pousse là où une semelle de labour lui offre des conditions idéales.
      Si tu travailles ta terre à la main, le double bêchage permet de s’en débarrasser efficacement, car la semelle de labour est alors trop profonde pour lui permettre de s’implanter durablement. Le paillage, ensuite, procure au sol la même action que celle que le liseron tente justement naturellement de lui apporter. Même sans double bêchage, un bon paillage permet de s’en débarrasser en deux ans : il pousse au travers en se mélangeant à celui-ci ; tu n’as alors plus qu’à soulever le paillage par poignées entières, et le liseron viendra avec, en s’y intégrant merveilleusement. De toutes façons le liseron n’est pas très nocif, il ne nuit qu’à bien peu de plantes.
      Si par contre tu es outillé, tu peux tenter d’utiliser la sous-soleuse, afin de briser la semelle de labour. Bien sûr il ne faut plus labourer ensuite, et là aussi, le semis sous couvert semble être la meilleure solution à long terme. En quelques années le liseron y deviendra insignifiant.

      Tu m’avais également posé une question sur le pH à laquelle je n’avais pas répondu : en fait, tout sol naturel tend à s’équilibrer, à part les quelques podzols; ce qui n’est pas neutre, c’est le substrat. Or le problème de l’agriculture actuelle, c’est qu’elle détruit progressivement l’humus, pour ne cultiver que sur ce qui ressemble à de simples substrats, déséquilibrés donc.
      Je n’ai jamais mesuré le pH de mon sol et ne le ferai pas : un sol en bonne santé se « voit », se « ressent »; un sol malade également. Et cette maladie est toujours la même, l’absence d’équilibre, dû à une trop forte intervention.

  11. Yves Brouckaert Says:

    Ramite,

    Je ne suis pas d’accord avec la façon dont tu dis te débarrasser du liseron. Ses racines pénêtrent le sol jusqu’à très grande profondeur (cinq, dix, vingt mètres)
    Bien sûr le liseron n’est pas nuisible, il me permet même, certains matins de dire à ma femme : regarde les jolies coroles blanches que j’ai plantées pour toi.

    Mais bon cette année je préparerai une butte, après avoir relu avec une grande attention, tes textes sur la permaculture.

    Amicalement,

    Yves.

  12. Brouckaert Yves Says:

    J’ai choisi ce fil ancien pour te poser la question : que faire pour protéger les cerisiers, les pruniers, et autres fruits que l’on croquait à pleines dents, mais qui, aujourd’hui sont littéralement envahis de dizaines de vermicules.

    Que faire pour lutter contre les moisissures et pourritures qui affectent les fruits sur l’arbre tant poiriers que pommiers, qu’il est désormais impossible de récolter en octobre, comme c’est le cas depuis la nuit des temps ?

    Dans le potager, hormis les mulots et campagnols que rien n’arrête, que faire contre la multitude de bestioles qui s’attaquent à tous les légumes, sauf peut-être exception.

    Que fais-tu pour contrer les champignons de toutes sortes (mildiou, oïdium, charbon, tavelure, etc.) ? Pour ce qui me concerne, je suis revenu de la bouillie bordelaise qui ne donne pas de succès évidents.

    Pour ce qui est du purin d’orties, que je n’ai jamais utilisé, comment le produit-on ? Quel sont ses usages ?

    Amicalement,

    Yves.

  13. Ramite Says:

    Personnellement je suis du genre à ne jamais traiter, et advienne que pourra. Et normalement, une bonne diversité et une bonne santé du sol est la meilleure solution pour la bonne santé des plantes, et pour la régulation des populations de ravageurs. Mais un insecticide biologique très efficace est la décoction de piment, pulvérisée sur les bestioles.
    Le purin d’ortie est un très bon engrais azoté, tu trouveras facilement plein d’infos sur le ouèbe.

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