Semis et limaces

Voici venir la période des semis, et avec elle, celle des limaces, qui s’attaquent aux semis. Cette année, j’ai beau avoir de beaux fagots à hérissons, des tonnes d’oiseaux, des coccinelles, et tout et tout, rien à faire, celles-ci sont revenues. Pour avoir la paix, rien de tel qu’une armée de petits pièges, disséminés le long des allées. En permaculture, une méthode souvent envisagée pour s’en débarrasser est d’utiliser des canards. Ces volatils se nourrissent allègrement des limaces, et ne s’attaquent pratiquement pas aux plantes potagères. Seulement, pour avoir, et surtout pour garder, des canards, à moins de les enfermer, il vaut mieux avoir une mare, où ils puissent barboter. Sans cela, au bout d’un moment, ils s’en vont chez le voisin. Ou bien ils passeraient leur temps dans la piscine, et rendraient l’eau impropre à la baignade. Et comme je n’ai pas de mare, ni de possibilité d’en avoir, il me fallait une autre solution.

Depuis l’année dernière, j’ai donc trouvé la solution : j’ai de l’anti-limace bien chimique, en l’occurrence du métaldéhyde. Mais rassurez-vous, je ne l’utilise pas à foison en le disséminant tous les 15 jours dans la totalité de mon jardin. J’ai une autre solution : je dispose régulièrement et consciencieusement de petits morceaux de briques ou de tuiles, près des zones de semis, sur lesquels je verse à chaque fois une pincée de ce poison.

Puis je recouvre chacune de ces pierres d’une autre chute de tuile protectrice. Ainsi, le poison ne va pas dans le sol ; il n’est pas lessivé à la moindre pluie, et donc très peu suffit. Certes au bout d’un moment il prend tout de même l’humidité, mais pour cette raison une pincée suffit, en la renouvelant assez régulièrement.

Avec ces pièges, les limaces viennent s’abriter au frais sous ces tuiles. Là elles y découvrent à manger, et n’en ressortent jamais. L’avantage, aussi, si elles n’en ressortent pas, c’est qu’elles ne se font pas dévorer, une fois empoisonnées, par leurs prédateurs naturels, qui alors en pâtiraient. Une fois les semis suffisamment grands pour ne plus risquer les attaques de ces mollusques, je laisse les tuiles sur place, sans renouveler les doses de poison, et souvent des crapauds viennent alors s’y réfugier.

Lorsque j’aurai fini mon stock de poison (et du coup avec cette méthode il descend vraiment doucement), j’essayerai la solution du piège au houblon. En effet, il est souvent conseillé de piéger les limaces avec de la bière, dans laquelle elles se noient. D’abord je n’ai pas envie de gâcher de la bonne bière pour cela, ni d’acheter de la mauvaise bière industrielle et premier prix pour cela non plus. Ensuite, ce n’est pas le malt, ni la levure ou les bulles qui attirent les limaces, mais l’odeur du houblon, qu’elles confondent avec celle de la chicorée, dont elles raffolent. J’essaierai donc de faire de simples décoctions de fleurs de houblon, et je vous tiendrai informé de l’efficacité ou non du procédé.

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14 Réponses to “Semis et limaces”

  1. Goeland60 Says:

    Un article plein de malice sur la limace 😉

  2. toolate Says:

    SALOPES
    moi j’ai une autre technique pour le moment
    dès qu’il pleut je sors me fumer la clope avec un gant mappa et une bouteille plastique couper en deux la partie du haut retournée sur la base et je les cueillent. je referme le pot et elles pourrissent au soleil.
    J’ai fait de mm cette hiver avec les punaises
    génocide
    il y a eu une étude scientifique sur le jeter de limaces depuis le jardin, elles sont de retour en moins de 8 heures sur place.
    a méditer
    moi pour le moment j’elimine comme un vulgaire naziard.

  3. Jérôme Says:

    Le métaldéhyde qui était le seul anti-limace autorisé en Bio il y a qq années est désormais… interdit. En effet, il avait tendance (comme tu le dis) à empoisonner les prédateurs de limaces. Aujourd’hui, en Bio on peut utilisé le Féramol, qui  » n’aurait  » pas d’effets sur les prédateurs, car la limace aurait tendance à migrer dans le sol après ingestion du féramol.
    Alors, quitte à choisir entre deux chimies de synthèse… je préfère le féramol (jusqu’à ce qu’une nouvelle étude montre se dangerosité… :-))

    • Ramite Says:

      Salut Jérôme,
      merci pour tous tes messages. 🙂
      Avec mes tuiles, il n’y a aucun danger pour les hérissons, car les limaces n’en ressortent pas. Elles sèchent sur place. Tu peux d’ailleurs utiliser la même méthode avec le féramol, ainsi tu en utiliseras 10 ou 20 fois moins, ce qui, ne serait-ce que d’un point de vue financier, n’est pas négligeable (en 5ans, avec cette méthode, je n’ai acheté qu’un seul paquet d’anti-limaces, et je n’en suis qu’à la moitié, pour 200 à 300 m² de jardin à protéger).
      Par contre, concernant le houblon, j’ai fait une erreur, que je m’apprête à corriger.

  4. Jean Says:

    Selon le fabricant, la matière active du Ferramol est un complexe ferrique naturel, le phosphate ferrique. Ce composé existe partout dans la nature. Il est décomposé par les micro-organismes en éléments nutritifs, phosphate et fer. Il est sans danger pour les hérissons, les vers de terre, les animaux domestiques, les abeilles, etc. Les limaces mangent les granulés. Cela leur coupe l’appétit. Elle s’enterrent et meurent. Il n’y a pas de contrainte pour la récolte des légumes.

    J’utilise ce produit quand j’ai une invasion de toutes petites limaces noires impossibles à ramasser à la main. C’est efficace.

    • Ramite Says:

      Bonjour Jean,
      bienvenue 🙂
      et merci pour l’explication; je ne comprenais pas, en effet, comment les limaces pouvaient mourir en « migrant » sous terre.

  5. toolate Says:

    bon a savoir
    merci
    mes basilics sont pris d’assault par untout petit truc qui microperfore les feuilles et empèche une bonne croissance ce matin au marché on m’a dit le nom(oups)et on m’a dit qu’il y avait une possibilité de luttes par apport de bestiolles qui les manges sous forme de larves.
    si qqun sait ou s’adresser
    ce serait sympa

  6. Jean Says:

    @ Ramite. Les petites limaces noires sortent manger la nuit. Elles mangent surtout des déchets végétaux et les légumes faibles. Après avoir mangé, elles s’enterrent ou se cachent sous une planche pour se protéger des prédateurs et de la sécheresse du jour. Quand elles ont mangé du Ferramol, elles meurent dans le sol.

    @ toolate. Tes bestioles sont probablement des altises, minuscules coléoptères noirs sauteurs. Chez moi, elles percent les feuilles de radis et surtout de navets au point que je ne peux pas avoir de navets. Comment je fais ? C’est simple et gratuit. Je ne cultive pas de navets. Je cultive des légumes que les altises n’attaquent pas. Et toc…

  7. Brouckaert Yves Says:

    Ce n’est pas mon fort, mais il y a des solutions. Il me semble qu’il existe, de tout temps, une méthode qui consiste à planter côte à côte des plantes qui sont répulsives pour certains insectes et limaces, protégeant ainsi les plantes fragiles, voire même se protégeant mutuellement.
    Je n’ai jamais exploré vraiment la question, mais il suffit d’interroger les vieux dans un cercle horticole pour apprendre bien des choses; Il doit également exister des publications à ce sujet.

    Pour ce qui concerne les limaces, on obtient certains résultats rien qu’en épandant de la cendre de charbon autour du parterre. Ce n’est pas esthétique, mais bon… Ou encore des granules d’argex… Le mieux, consiste à utiliser les coquilles d’oeufs écrasées, mais alors il faut avoir combien de poules ?

    Pour ce qui est des granulés, je n’en connais aucun qui ne soit reconnu comme poison très nocif.
    Alors, surtout ne pas en étaler partout parmi les légumes. Méfiance aussi à l’égard des enfants. Petits, ils portent tout à la bouche, d’autant que ces granulés sont colorés.

    J’ai une autre solution : planter deux fois ce qui est nécessaire, et en laisser aux prédateurs.

    Mon principal problème, ce sont les mulots. Je plante en nettement plus grand nombre, les pommes de terre, les carottes, les céleris raves, les scaroles, les chicons, etc.
    Et je ne me formalise pas trop des dégâts qu’ils occasionnent.

    Et puis il faut savoir savoir qu’une année n’est pas l’autre, et que les résultats obtenus dépendent de nombreux facteurs que nul ne maîtrise.

    C’est pour la même raison que j’ai planté de nombreux cerisiers, les premiers blanchissent dès le début juin et cela se poursuit jusqu’en août. De cette manière nos amis les merles disposent dès l’éclosion de leurs oeufs de quoi nourrir leurs rejetons. Ils ont bien le droit de manger, puisqu’ils sifflent presque toute l’année! Par la suite, ils trouvent une nourriture plus variée (les fraises, par exemple!) et il nous est permis de disposer, les années fastes, de ce qu’ils nous laissent, lorsqu’ils ont atteint la satiété.

    Nous préconisons de mettre sur pied une société de partage, Commençons avec les animaux !

    • Ramite Says:

       » J’ai une autre solution : planter deux fois ce qui est nécessaire, et en laisser aux prédateurs. Nous préconisons de mettre sur pied une société de partage, Commençons avec les animaux !  »
      C’est en général également ce que je pratique principalement, mais le problème réside surtout dans les semis, et pour cela le semoir suspendu règle le problème ; ainsi que pour certaines cultures sensibles (du point de vue des limaces) comme les laitues, avec lesquelles, sans protections, on n’obtient malheureusement pas grand chose. Mais il ne me viendrait jamais à l’idée d’en répandre dans l’intégralité de mon potager !
       » Et puis il faut savoir savoir qu’une année n’est pas l’autre, et que les résultats obtenus dépendent de nombreux facteurs que nul ne maîtrise.  »
      Exactement ! Une année sans tomates, une autre sans choux, peu importe, le tout est de prévoir des stocks.

  8. domifasol Says:

    pour les limaces, j’utilise aussi des tuiles comme toi. Mais en fait je les retourne régulièrement et les ramasse à la main pour les donner à manger aux poules.
    Quand il n’y a rien de fragile au potager je fais le tour avec mes poulettes et je retourne la tuile, elle ont l’habitude et ramassent tout ;-))

    Comme piège à limace, j’utilise aussi dans une assiette des végétaux coupés qui se flétrissent et ainsi attirent les limaces qui mangent les végétaux en décomposition.

    Des rondelles de tomates ou de courgettes semblent également bien les attirer. Avec ce genre d’assiettes « garnies » le ramassage manuel est rapide et si il est fait régulièrement la population des limaces décroit. En début de saison j’en attrape parfois des centaines grosses comme le petit doigt !

  9. Ramite Says:

    Cet hiver, mon sachet d’anti-limaces a pris l’eau, donc il est foutu.
    Bien évidemment, je n’en achèterai pas d’autre. Pour l’instant, je n’ai aucun problème de limaces, et les tuiles servent plutôt d’abris pour les crapauds (amateurs de limaces). Et peut-être aussi que la diversité de mon jardin commence à s’équilibrer.
    Pour l’instant, concernant les limaces, je ne vais rien faire, et je vais attendre de voir comment ça évolue, en espérant ne pas avoir à intervenir. De toutes façons, plus on intervient, plus on déséquilibre le système.
    D’ailleurs je plaide de plus en plus, à tous les niveaux, pour le non-interventionnisme, et pour la non-ingérence. 😉

  10. Casimir Says:

    Salut Ramite,

    Je découvre ce magnifique blog et te remercie pour le partage! As tu eu besoin de la décoction de fleurs de houblon? Ca m’intéresse!

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