Faire du yaourt

Lorsqu’on va faire un tour dans un supermarché (oui, malheureusement, ça m’arrive encore), on peut y voir un grand rayon dans lequel ne se trouve qu’un unique produit, décliné sous de nombreuses formes : le yaourt.

Bien heureusement pour moi, c’est depuis longtemps un rayon dans lequel je n’ai plus besoin de me rendre. Parmis d’autres. Et j’en suis bien content, car si le produit lui-même est un très bon produit, les grandes quantités d’emballages, non recyclables, qu’il nécessite, sont une plaie pour notre environnement. Tant au niveau de sa production (plastique, donc pétrole), qu’au niveau du déchet lui-même. Une production de déchets que je contribue donc à réduire largement.

Mais lorsqu’on va dans des vides-greniers, ou dans des magasins qui vendent de l’électroménager d’occasion, on remarque aussi la présence de nombreuses yaourtières d’occasion. Une présence aussi nombreuse, ne peut que présager d’une incapacité d’utilisation de la part de ses anciens utilisateurs. D’un mauvais investissement, qui se retrouve donc très vite en sursis, proche de la déchetterie.

J’en ai effectivement fait les frais, il y a quelques années, en récupérant une yaourtière d’occasion, et effectivement, Je peux maintenant confirmer qu’un investissement dans une telle machine, s’il est ridicule en terme de prix, est absolument inutile en terme d’utilisation.

En effet, les huit petits pots que l’on doit remplir et placer dans la yahourtière sont tout petits, puisqu’ils contiennent la moitié d’un yaourt moyen du commerce. Mes enfants en consommeraient volontiers deux par dessert. En terme de vaisselle, ils représentent un labeur décourageant (à moins de posséder un lave-vaisselle ; et encore, je suis certain qu’un lave-vaisselle ne les laverait pas correctement, vu la forme bombée des pots). Et en terme de rythme de fabrication également, car si vos enfants en mangent deux par jour, et que vous avez comme moi deux enfants, vous devez donc faire fonctionner votre machine tous les deux jours.

Bon, mettons maintenant cette machine de côté (peut-être en la démontant pourrions-nous en récupérer quelques pièces utiles, resistance, minuterie,… ?), et voyons comment se fait le processus de fabrication :

Pour faire du yaourt, on mélange du lait avec des ferments de yaourts, et on maintient le tout à 40°C jusqu’à-ce que le mélange prenne, c’est à dire durcisse. Simple à priori; la yaourtière ne fait donc que maintenir les pots à 40°C pendant quelques heures. J’y ai donc réfléchi, et après plusieurs essais, voici la méthode que j’ai développé :

J’achette des yaourts bios, mais surtout fermiers (très important !), sans poudre de lait. Bon, je sais , j’achette encore quelques yaourts, même si c’est en magasin bio, et que j’ai réduit énormément ma consommation de ceux-ci. je devrais, pour bien faire, les acheter directement au producteur, en petits pots en verre consignés. Ou même, ce que je compte essayer bientôt, acheter directement les ferments en pharmacie. Je ferai bien sûr un autre article avec les résultats de ces tentatives. L’important, donc, pour les ferments, c’est d’avoir des yaourts fermiers et sans poudre de lait, de manière à justement avoir des bons ferments. Même les yaourts biologiques des supermarchés ne fonctionnent pas, ils rendent le yaourt gluant. Il vaut mieux chercher des yaourts locaux fermiers non bios, j’en trouve à mon intermarché local. En tout cas, les meilleurs ferments que j’ai trouvé pour l’instant sont ceux des yaourts de la marque « Bernard Gaborit », que l’on trouve en biocoop (sud ouest, en tous cas). Ils font même des yaourts au bifidus, qui sont très bons aussi.

Je prends ensuite du lait bio entier (c’est tellement meilleur qu’avec du moins riche), dans lequel je mélange, à raison d’un yaourt pour deux litres de lait. Sur la photo que voici, j’ai mis 4l de lait, deux yaourts, et deux gousses fendues de vanille.

Je chauffe le tout à un peu plus de 40°C (41, 42, ou 43, suivant la température de la maison), puis je verse le mélange dans des bocaux en verre de 750ml. Les degrés supplémentaires compensent donc la perte de température lors du transvasage. Il faut ensuite les laisser à 40°C pendant environ 8 heures. Vous pouvez tenter de les laisser à côté du poël ou de la cheminée, en vérifiant avec un thermomètre, mais pour avoir une température optimale, je me suis fabriqué une grande « yaourtière ».

 

Cette yaourtière est composée d’un grand carton, à l’intérieur de laquelle est installée une lampe thermique en céramique, branchée sur un régulateur de température (on le voit à gauche de l’image) ; une sonde pour prendre la température est placée à l’intérieur du carton. J’ai trouvé cet ensemble, régulateur/lampe thermique, dans une animalerie, pour chauffer les terrariums. Je crois que j’avais payé le tout 25 ou 30€, il y a quelques années. La température peut être réglée facilement de 15 à 45°C, donc parfait pour le yaourt.

Je place donc les bocaux de yaourts autour de la lampe, sur lesquels je place les couvercles, mais sans les fermer, juste pour éviter les poussières. Je place la sonde au coeur des yaourts, je referme le carton, je branche le régulateur réglé sur 40°C, et je reviens 8H plus tard.

Après avoir vérifié que le mélange ait bien pris, je les sors en douceur, je referme bien les couvercles, hermétiquement, et je les place au froid. Plus la température est rabaissée brutalement, plus vous éviterez qu’ils s’acidifient. Evitez donc le frigo, ce n’est bon ni pour les yaourts, ni pour le frigo, placez-les plutôt dehors, à la fenêtre, l’hiver, et dans l’eau avec des glaçons, l’été, dans l’évier par exemple. Et attendez qu’ils aient totalement refroidis pour les placer au frigo.

Le refroidissement permet également de créer le vide dans votre bocal, le couvercle se sertissant alors. Ainsi ils se conserveront un bon mois, et même d’avantage si vous stérilisez vos bocaux auparavant. En procédant ainsi, j’ai fait du yaourt pour trois semaines de consommation familiale, ça m’a pris une vingtaine de minutes. Et je n’ai jeté que deux pots de yaourts lors de cette période. Et bien sûr, pas besoin de poudre de lait pour avoir du yaourt onctueux et bien consistant.

Les bocaux, une fois ouverts, doivent être consommés dans les deux jours; prenez-en de plus petits si vous êtes seul. Et si vous utilisez du lait cru, directement tiré du pi, il vaut mieux le monter à ébullition, et laisser la température redescendre jusqu’à 40°C avant d’y mélanger les yaourts. Je vous tiens au courant dés que j’ai testé les ferments de pharmacie.

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2 Réponses to “Faire du yaourt”

  1. kristen Says:

    génial, merci. Surtout le montage dans le carton. J’imagine qu’en blindant l’isolation de l’enceinte, la lampe ne consomme presque rien (c’est les degrés supplémentaires initiaux des bocaux qui réchauffent l’enceinte).

    Reste à voir si ça marche pareil avec du lait de chèvre.

  2. Ramite Says:

    Absolument, c’est pour cela que je préchauffe le mélange. Après avoir fermé le carton, je l’entoure d’un tissu pour isoler d’avantage. Mais peut-être devrais-je mettre une couverture, car il doit y avoir pas mal de perte, puisque le chat aime bien venir se coucher dessus lorsque la lampe est branchée. En tous cas, la lampe ne s’allume que quelques secondes par minute.
    Et pour le lait de chêvre, je n’ai pas essayé, mais il n’y a pas de raison, d’autant que le lait de chêvre a la même proportion de matière grasse que celui de vache (10%); seul le lait de brebis a un lait plus riche (30%). Mais je ne sais même pas si ça ne marcherait pas quand même de la même manière…

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